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Décrire et partager mon expérience, mes réflexions sur les joies et les souffrances de l'enseignement. Dire et rechercher toujours ce qu'est le rapport élève-professeur, ce que sont la soif de connaissance et l'acte de transmettre cette connaissance, tels que je les ai connus et souhaite les connaître encore.

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Quelle langue, quels niveaux de langue utiliser avec les élèves ? Suite.

SAM_6347.JPG,                                                                                            Mais le Précis de Brunot et Bruneau n'était pas destiné à une utilisation pédagogique. Voici ce que dit, en 1961, la Grammaire française de Dubois, Jouannon et Lagane, en 1961 (édition Larousse), destinée, comme le disent les auteurs dans l'Avan-propos, aux "lecteurs" en général et à "l'enseignement de la gram-maire pendant toute la scolarité". A propos du Style, on lit : "Il y a : une lan-gue écrite et une langue parlée. Chacune comporte plusieurs niveaux : lan-gue parlée (familière, populaire, argotique), langue écrite (académique, sur-veillée (ou style soutenu)" ; différences, ajoute-t-elle, comme la plupart des grammaires, qui s'expriment dans : le vocabulaire, la morphologie, la syn-taxe. C'est raisonnablement énoncé, quoique la distinction parlée-écrite ne soit pas opportune, comme l'affirment des recherches postérieures : ainsi Marie-Claude Gélinas dans son livre La communication, notions fondamen-tales (2005). Dans les deux situations de communication (oral et écrit), les choix possibles de niveaux par le locuteur sont en fait les mêmes. Quant à l'argot, il est plus une langue (des malfaiteurs, du milieu) qu'un niveau de langue ; et le terme "académique" est ambigu. En 1973, chez Larousse aus-si, La nouvelle grammaire du français, de J.Dubois et R.Lagane, "à la disposition des enseignants et des élèves" - sans préciser pour quelles classes - , est peu bavarde sur notre sujet. Dans les premières pages, dans Langue et parole, il est écrit : "D'un côté, il y a les règles de la langue, cel-les qui définissent le français, et, de l'autre, les utilisations diverses que chacun fait des mots et des constructions que lui offre la langue dans des actes particuliers de parole." Mince et décécevant ... pour cette gram-maire par ailleurs solide, enrichie des avancées de la linguistique. Le Lay et Hinard sortent en 1971, chez Magnard, un Précis de grammaire française, qui "s'adresse non seulement aux élèves du cycle d'observation et des clas-ses de lettres, mais aussi au public cultivé" (Préface) ; livre riche et essen-tiel à mes yeux. Pourtant la question des niveuax de langue n'est pas traitée comme telle ; juste cet exemple dans Synonymes, à la fin de l'ouvrage : "Ainsi les synonymes de gifle : soufflet est littéraire, gifle courant, claque familier, taloche populaire, beigne argotique". Distinction simple et claire, mais c'est tout. Le Bescherelle , édition 2007 pour le Collège, chez Hatier, consacre,lui, quatre pages appréciables aux niveaux de langue "(parfois ap-pelés registres de langue)", "manière, dit-il, de s'exprimer plus ou moins recherchée à l'oral ou à l'écrit". Il distingue ensuite, en fonction "des interlo-cuteurs et du contexte", les niveaux "courant, familier, soutenu". Minimal peut-être, mais net et opérationnel.

             Au total, les manuels considèrent comme secondaires la question des niveaux de langue, ne disant même pas clairement qu'il s'agit d'ensei-gner aux élèves, dans les cours de grammaire notamment,la langue couran-te, dite également, selon : normale, commune, standard ; consigne pourtant essentielle pour que le professeur sache, et dise à ses élèves, où il va. Le professeur doit donc chercher ailleurs que  dans  les  textes  officiels  du Ministère de l'Education Nationale et les grammaires pour asseoir son en-seignement de la langue sur des bases précises. Sinon, il va presque au ha-sard,tolère presque n'importe quoi des élèves (voir les risques pour son au-torité, évoqués précédemment), et  flotte presque d'un  niveau  de  langue à l'autre sans cette rigueur qui est indispensable à l'enseignement. 

           En fait, ce sont surtout les dictionnaires de langue qui notent avec le plus de précisions les niveaux de langue pour le vocabulaire et les expres-sions ; ce sont peut-être même eux qui furent "les premiers utilisateurs de toute une terminologie" sur la notion de niveaux de langue, qui "ne remon-terait guère au-delà des années 50", si l'on en croit Jean-Marcel Paquette dans son article récent sur La norme linguistique (Conseil supérieur de la langue française). Paquette renvoie au Dictionnaire de linguistique de Du-bois (1973) qui dit : "la notion de niveaux de langue est donc liée à la diffé-renciation sociale en classes ou en groupes de divers types"

         Oui, les lexicographes  proposent  un  nombre  impressionnant de  ni-veaux de langue, pour le vocabulaire avant tout, qui déroute  souvent.  Voici deux exemples empruntés à des dictionnaires couramment utilisés en clas-se ou dans la vie de tous les jours.

Le Petit Robert en 2 volumes, édition de 1989, distingue 10 niveaux de langue, mis à par l'argot et le vocabulaire des métiers(commerce, documen-tation, droit ...) : courant, didactique, dialectal, familier, littéraire, poétique, populaire, vieilli, vulgaire, vieux (ordre alphabétique). 

Le Petit Larousse en couleurs, édition  de  1972, limitait davantage ces ni-veaux. 8 : dialectal, familier, peu usité, populaire, vulgaire, vieux (ordre al-phabétique également).

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