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Décrire et partager mon expérience, mes réflexions sur les joies et les souffrances de l'enseignement. Dire et rechercher toujours ce qu'est le rapport élève-professeur, ce que sont la soif de connaissance et l'acte de transmettre cette connaissance, tels que je les ai connus et souhaite les connaître encore.

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Progrès moraux et matériels, suite.

 socrate02b.jpgCi-contre : buste en marbre de Socrate par Lysippe, copie romaine du 1er siècle, Musée du Louvre.

                                                     Je rerends donc  mon propos de janvier - en ce mois de mars 2012 - 

                                                    Reprenant mon propos de janvier, je précise donc ce que j'entendais par "moraux" et "matériels", quand je m'adressais à mes élèves. Les progrès matériels sont faciles à faire comprendre : matériaux de construction, moyens de transport, médecine, accès à l'eau potable, systèmes d'éclairage, armement ..., qu'il s'agisse de progrès directement utiles ou directement dangereux pour l'humanité. Dans ce domaine, chacun admettait vite ce que les siècles ont apporté. Pour les progrès moraux, les élèves me disaient comprendre avant tout la qualité de l'organisation sociale, la solidarité, le niveau d'éducation. Oui, approuvais-je, mais j'ajoutais : j'entends par "moral" au sens large les vertus essentielles d'un individu dans une communauté : désintéressement, dévouement, courage d'affronter les épreuves, force de caractère, fidélité à la parole donnée, bienveillance envers les autres et surtout les plus faibles ; une bonté fondamentale du coeur et de l'âme ; ce que les Grecs appelaient kaloskagathos (Platon, leur disais-je, a longuement tenté de définir la vertu dans le Gorgias et le Ménon au moins) et les Romains bonus (l'idéal pour Cicéron, précisais-je, est le vir bonus peritus dicendi : un homme honnête qui sait parler en public). Socrate, rappelais-je, n'a pas cessé de rechercher dans ses dialogues les qualités premières - éternelles même, immortelles - de l'homme ; Epictète, Plutarque et tant d'autres ont traité ce même sujet. Les auteurs latins n'ont pas cessé ensuite de poursuivre la recherche : Cicéron, Sénèque, Marc-Aurèle, Saint-Augustin entre autres. Chez nous, les moralistes comparables abondent : Montaigne au XVIe siècle, Molière au XVIIe, Rousseau et Voltaire au XVIIIe, pour n'en nommer que quatre. Et la liste serait vraiment longue si l'on citait les grands moralistes du monde entier, l'espagnol Unamuno et l'indien Gandhi n'étant que deux des plus connus.

                                                                 Ainsi, c'est vrai, les progrès matériels, ceux des techniques et sciences en fait, n'ont pas cessé, et ont amélioré, sans conteste, nos conditions quotidiennes de vie. Mais remarquons que ces progrès étaient, en quelque sorte, inévitables, mécaniques, une découverte entraînant l'autre (la roue et la voiture ne sont l'une qu'une conséquence développée de l'autre, par exemple) ; et qu'ils pouvaient avoir été faits ici ou là, indifféremment, plus ou moins tôt. Par contre, en quoi le citoyen d'Athènes du Ve siècle avant JC est-il pire, moins dévoué, moins sensible, moins artiste ... qu'un citoyen d'Europe ou d'Amérique aujourd'hui ? Réfléchissons, observons et tentons de répondre.

                                                      L'histoire, la lecture de tous les livres accumulés par les civilisations nous apprennent que les comportements individuels et sociaux - et leurs motivations - ont peu ou pas évolué. Les joies exprimées, les souffrances subies dans la maladie, les chagrins, les guerres ... n'ont pas changé. La pensée, la sensibilité au XXIe siècle n'ont rien de nouveau, ou de meilleur, comparées à celles de la Grèce ou de la Chine Antiques par exemple. L'homme est-il donc "meilleur" aujourd'hui ? Certes il a fait progresser dans beaucoup de pays la protection et les soins donnés aux gens, aux enfants ... ; certes il y a eu la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, l' O.N.U. ... Mais il y a eu aussi les plus épouvantables guerres mondiales jamais imaginables auparavant, les bombes atomiques (indéniable progrès technique !) d'Hiroshima et Nagazaki, la Shoah et autres génocides ... Les progrès matériels, techniques permettent désormais à l'homme de faire le mal comme jamais. Où est le progrès moral, la capacité d'être moins violent, plus dévoué à son prochain ? Sur un autre plan, quels progrès a fait la poésie, domaine à part et bien significatif de la spiritualité humaine ? Si je vous lis des extraits des Baltiques de Tranströmer (prix Nobel 2011), un poème de Baudelaire ou un passage d'Homère, de Virgile, verrez-vous un progrès de la sensibilité, un progrès dans l'expression des rêves et des aspirations de l'âme ? Pas du tout, et nous l'avons vérifié d'autres fois. Rien dans les manifestations et productions de l'esprit, de l'âme humains n'a changé ou progressé ; parfois même, on est tenté de croire que l'homme est devenu surtout (avec de nouveaux moyens techniques) plus cupide, plus mauvais, plus immoral

                          Non, je ne vois aucun progrès moral accompli par l'humanité depuis son apparition sur Terre ; ou du moins depuis que le cerveau humain, ainsi que le pensent tous les chercheurs aujourd'hui, est inchangé : nous avons le cerveau et les capacités intellectuelles et morales de l' Homo sapiens sapiens (comme on dit), et cela fait quelque 100 000 ans. 

                          Nous aurons d'autres nombreuses occasions, disais-je à mes élèves, de réfléchir à cette question, de trouver des exemples probants ; et je ne veux pas vous imposer, bien sûr, mon point de vue, d'autant que la croyance ou non en un progrès continu de l'humanité (dans tous les domaines) constitue deux camps. Au XIXe siècle, les progrès scientifiques ont induit chez beaucoup une foi totale dans le progrès. Tenez, voici deux citations que j'ai là sous la main. Renan écrivait dans ses Souvenirs : "Le plus simple écolier sait maintenant des vérités pour lesquelles Archimède eût sacrifié sa vie." Dans son Système de politique positive, Auguste Comte disait, toujours au XIXe siècle : "L'Amour pour principe, l'Ordre pour base, et le Progrès pour but." Vous chercherez vous-mêmes d'autres citations, chez Zola, chez Levi-Strauss ..., vous verrez. A l'opposé, d'autres dénoncent cette religion du progrès matériel. Ainsi, tenez, l'Indien Tagore, en 1964 ; dans Vers l'homme universel, je lis : "Il n'y a pas de limites à l'acquisition matérielle ni à celle de la connaissance. La civilisation européenne, mettant l'accent sur cette accumulation, oubliait que la meilleure contribution individuelle possible au progrès humain est le perfectionnement de la personnalité." Ou encore Albert Einstein, en 1930, dans Comment voir le monde : "La possession de merveilleux moyens de production n' a pas apporté la liberté, mais le souci et la famine." Et enfin, j'en finis avec le Marocain Allal Al-Fasi, mort en 1974, vous en chercherez d'autres : "La marche continue peut ne pas être, toujours, une avance." Ah ! si, j'ajoute, car chacun le connaît, et vous le connaîtrez mieux vous aussi : Baudelaire, dans ce même XIXe siècle scientiste et optimiste, s'oppose à cette idée répandue alors d'un progrès inéluctable ; mais lui, au nom surtout de la poésie et de sa croyance en une nature humaine inchangée et toujours souffrant de ses aspirations inassouvies. 

                                Dès lors, je vous le redis, quand nous approchons, étudions, de grands auteurs du passé, de l'Antiquité ou du Moyen Age par exemple, nous ne faisons pas marche arrière vers des analyses, des pensées dépassées - voire complètement inutiles pour le présent - ; nous allons vers une pensée toujours d'actualité, et souvent irremplaçable avec de grands auteurs jamais en fait égalés depuis. De plus, nous découvrons alors que les hommes du passé ont rencontré les mêmes joies, les mêmes peines, les mêmes éternels problèmes du bien, du mal, de la liberté, de la vie en groupe ; qu'ils ont proposé des solutions, et qu'elles sont fréquemment utilisables aujourd'hui. Et quelle satisfaction que de constater que telle idée, tel remède ne datent pas d'hier mais ont été décrits - avec génie souvent - il y a plus de 2000 ans ! Cela rend modeste, évite des erreurs (qui sont, hélas ! celles de l'ignorance), et évite aussi le naïf orgueil de croire que le XXIe siècle a tout inventé ou que, du moins, il a tout amélioré, jusqu'aux prochains progrès attendus qui rendront caducs tous les écrits, toutes le solutions antérieures.

                            Je reparlerai d'ailleurs de ce trésor du passé, indispensable selon moi, en revenant sur les raisons qui doivent vous déterminer à choisir ou à poursuivre les options latin et grec en collège et en lycée.    

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I
l'Indien Tagore, en 1964 ; dans Vers l'homme universel, je lis : "Il n'y a pas de limites à l'acquisition matérielle ni à celle de la connaissance..<br /> Si il y a une limite car le monde est fini donc la matiere essentielle est forcement finie, donc la connaissance n'est pas infinie sinon personne ne pourra atteindre la perfection.<br /> Par contre ce qui me semble infini c'est l'âme du monde fini.<br /> dieu n'a pas fait qu'un seul univers, sinon il s'ennuierait. nous sommes un grain de raisin, il est le cep, il y a donc d'autres grains de raisins plus ou moins fini.<br /> le but de dieu est unique, c'est la fusion des grains de raisins entre eux.C'est un niveau de perfection qui depasse la perfection ,c'est le sublime.<br /> Difficile de décrire le but final de dieu, sauf a considérer que dieu lui meme est un produit de fusion de fusion, fusion qui n'a jamais de debut et qui n'aura donc jamais de fin.Cette fusion des<br /> grappes de raisins ferait grossier l'univers de dieu ce qui l'amenerait a produire d'autres grains de raisins et ceci expliquerait l'infiment grand ( au niveau de l'environnement de dieu) alors que<br /> notre univers lui est un environnement fini de matiere brute, de matieres essentielles emanées et d'esprits emanés.<br /> Par conséquent l'univers n'est pas en expansion car il ne represente que le grain de raisin, ce qui est est expansion c'est l'univers de dieu et c'est tres different.<br /> Mais c'est une idée, juste mon idée et la raison suivra si j'ai raison.
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