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Décrire et partager mon expérience, mes réflexions sur les joies et les souffrances de l'enseignement. Dire et rechercher toujours ce qu'est le rapport élève-professeur, ce que sont la soif de connaissance et l'acte de transmettre cette connaissance, tels que je les ai connus et souhaite les connaître encore.

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Sur quelques livres traitant des difficultés aujourd'hui à enseigner, suite et fin.

                                            Je finis SAM 5688-copie-2l'examen de ces quelques ouvrages sur l'enseignement, l'éducation, la pédagogie, par celui, annoncé d' Augustin d'Hu-mières, publié en 2009 : Homère et Shakespeare en banlieue.

                   C'est un tableau énergique et intéressant de l'expérience d'un professeur de lettres classi-ques, en particulier dans un gros lycée de la ban-lieue parisienne - 1500 élèves. Un professeur un peu atypique, qui ose affronter l'administration (le chef d'établissement est dit "Grand rabatteur") et les col-lègues (notamment les syndiqués, "les hiérarques syndicaux" dit-il avec un certain mépris), pour faire ce qu'il croit devoir faire avec les élèves ; ce qui, je l'avoue, nécessite un certain courage déjà. Il se bat avec panache, et défend brillamment les options latin-grec, avec une force et des arguments qui me convainquent, et où je reconnais un peu mes propres combats en la matière. Bravo aussi à son courage pour affronter la démagogie des chefs d'établissements, qui "élisent domicile en salle des professeurs" et excusent vite tout désordre (de peur des retombées sur la renommée de la maison) : " le Grand Rabatteur avait rétorqué : C'est qu'ils sont grands nos élèves, ils n'ont qu'à lever les mains pour toucher le pla-fond, je ne peux tout de même pas les empêcher de pousser !". Courage é-galement quand il dénonce, avec un humour corrosif parfois, les violences scolaires, les cours devenus difficiles ou impossibles ("Les cours de lettres ressemblent de plus en plus à des heures de garderie") ; et le laxisme des professeurs, en conseils de classe, face aux élèves et aux parents, pour le passage en classe supérieure : "Nouvel argument de passage : le soupçon de diarrhée". Il est difficile enfin de ne pas rendre hommage à l'Association "Métis", qu'il présida, pour la promotion du latin, du grec et du théâtre dans un centre social proche du lycée. Je salue, pour en finir avec les compli-ments mérités, son admiration, que je partage, pour la célèbre helléniste et Académicienne, J.de Romilly, "la vieille dame aux yeux bleus".  Au total, un récit vivant et dynamique, utile, que ne désavoue pas,  je le crois fort, Alain Finkielkraut.                                                                                                         Toutefois, le livre, l'auteur provoquent souvent un certain agacement, qui nuit à sa portée. Voici mes réserves. On ressent plusieurs fois plus le souci de se faire valoir que celui de témoigner avec vérité. Son "étiquette de bour-geois du Quartier latin égaré dans les banlieues", il la revendique en fait fa-ce à des collègues qu'il regarde de bien haut. "Je me notabilisais dangereu-sement", note-t-il pour la réussite de son opération "Métis". Il est conscient, sans doute, du malaise qu'il crée parfois au sein d'une communauté scolai-re : sentiment affiché d'une certaine supériorité, au moins d'une différence absolue, qu'il cultive  - "Mais,Bibi, j'habite Paris, mon père a fait l'ENA, j'ai fait mes études à Henri IV ...", répond-t-il à une collègue qui veut le situer à gauche - . Cependant l'attitude hautaine, face aux adultes, reste ; et le ton de son récit, son indépendance à tout prix sentent un peu trop la particule, si j'ose dire : c'est dommage. De même, dans son hommage appuyé, et un peu lourd en fait, à J.de Romilly, transparaît, finalement, un gros narcicis-me.   Oui, Monsieur d'Humières parle un peu trop de lui et semble avoir agi, trop souvent, par souci de paraître avant tout, comme le soulignent  d'ail-leurs les titres accrocheurs de plusieurs chapitres de son livre : "Marchand de gri-gri", "Le d'Humières Tour", "Errol Flynn" ...

                          Réserves personnelles, bien sûr, qui ne sauraient faire oublier sa belle réussite, son abnégation, comme professeur de lettres classiques dans des classes difficiles, avec de grands élèves. 

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