Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Décrire et partager mon expérience, mes réflexions sur les joies et les souffrances de l'enseignement. Dire et rechercher toujours ce qu'est le rapport élève-professeur, ce que sont la soif de connaissance et l'acte de transmettre cette connaissance, tels que je les ai connus et souhaite les connaître encore.

Publicité

Le théâtre classique en Collège

                            Il est certes bien difficile d'enseigner le théâtre classique français en Collège, et la plupart des professeurs m'ont dit avoir renoncé : les élèves n'y comprennent rien, s'ennuient ...  C'est pourtant ce que j'ai essayé avec des 4es et des 3es, chaque année, à une ou deux exceptions près, avec Le Cid de Corneille en 4e, et Andromaque de Racine en 3e. Ce fut chaque fois ardu, long (à ce propos les consignes sur la durée requise d'une séquence n'ont pas de sens : pour aboutir et aller au terme visé, il faut prendre le temps nécessaire, un trimestre même, seul le résultat comptant) parfois décourageant ; mais chaque fois j'ai persévéré avec obstination, persuadé qu'il faut accepter les difficultés pour donner cette chance de découverte unique et magnifique aux jeunes ; et que même des miettes de ce si beau théâtre classique seront encore un festin - sinon dans l'immédiat, du moins assurément dans le futur- . D'ailleurs, la plupart des  élèves ne rencontreront plus jamais ni Corneille ni Racine dans leurs études, et certains pourront en avoir besoin au Bac par exemple. Or, ces grands textes ne peuvent se découvrir seul, il faut des clés pour ouvrir leurs portes, et c'est, non ? le rôle du professeur.
                       Pour Le Cid d'abord, voici quelques idées que j'ai pu mettre en pratique avec un succès raisonnable. Il faut, selon moi, mener de pair une entrée franche dans le texte de Corneille (chaque élève achetant pour lui une édition de la pièce, qu'il annotera et gardera) et un parcours, aussi vivant et accessible que possible, du théâtre au XVIIe siècle : naissance et sens de la tragédie (ne pas hésiter à évoquer les Grecs ...), vie et oeuvre de Corneille, Règles du Théâtre Classique, genèse de la pièce, poésie de l'alexandrin ... Des extraits de films sur ce théâtre, sur les adaptations du Cid (le film d'Anthony Mann par exemple) sont utilisés pour varier le menu, séduire (c'est essentiel) et quitter un moment le texte peu aisé en l'illustrant de façon plus accessible. Puis, chez Corneille, j'ai observé sans cesse combien les jeunes sont sensibles à de nombreux aspects, éternels, de l'histoire narrée par lui : l'honneur familial (une discussion conduite entre les élèves est à ce sujet très révélatrice), l'amour qui ignore les préjugés et les obstacles, le courage, les guerres de conquête ou de reconquête (il faut bien sûr proposer des recherches sur la conquête arabe et la Reconquista, les élèves, dans leur diversité culturelle, aiment comprendre ce qui s'est passé alors). Et ce récit fort et audacieux de Corneille finit par fonctionner. Apprendre par coeur de longs extraits et les jouer en classe plaît aussi beaucoup. Est-ce à dire que tous les élèves, tout le temps, ont fini par aimer voire adorer Le Cid ? Non, beaucoup supportent avec peine aussi, mais des graines ont été semées, et pour cela, je le crois, il fallait croire et persévérer. Après tout, le chemin importe plus que le but (à moins que seul le chemin ne compte ...)  A suivre (pour Andromaque au moins).      

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article