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Décrire et partager mon expérience, mes réflexions sur les joies et les souffrances de l'enseignement. Dire et rechercher toujours ce qu'est le rapport élève-professeur, ce que sont la soif de connaissance et l'acte de transmettre cette connaissance, tels que je les ai connus et souhaite les connaître encore.

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Les options latin-grec en Collège, 2e suite.

SAM 4117SAM 4133SAM 0835SAM 4118                                                                    Bien sûr, ce que j'ai écrit hier peut paraître bien optimiste au mieux, irréaliste et fort théorisant au pire. Pourtant, c'est ce que je crois, malgré la dégradation incessante de ces enseignements (j'ai entendu récemment combien d'établissements doivent renoncer au latin - et je ne dis rien du grec ! - car trop coûteux pour trop peu de candidats), qui condamne les jeunes à ne plus pouvoir choisir ce détour irremplaçable vers ce qui est le fondement de notre langue et de notre façon de penser. Encore une fois, si on est convaincu, on trouve les heures et les moyens d'enseigner. Quant aux élèves, ils ne demandent qu'à être conduits vers plus d'exigence, plus de découvertes ; et qu'on ne dise pas que ces langues mortes, si mal désignées ainsi (il n'y a pas en fait de langues mortes, il n'y a que des langues plus ou moins en sommeil, selon les époques, la mode ...), sont trop difficiles, rebutantes : la conviction du professeur trouve les chemins pour entraîner, séduire même, et les élèves, je le dis avec force, aiment la difficulté, les obstacles, si on les prépare à cela ; ce qui est également une éducation à la vie, une éthique de l'effort trop souvent méprisée au nom de l'adaptation à tout prix aux demandes spontanées des jeunes (vite et sans effort, souffle en nous la nature humaine !), qui ouvrent la porte à la facilité, au moindre effort justement, si le professeur refuse lui-même les routes ardues et pentues, qui sont les meilleures pour avancer et monter. J'ajoute même que les jeunes, dès la 6e, la 5e ..., aiment qu'on les aide à s'interroger sur nos origines, sur l'origine de la pensée ..., et qu'ils aiment, je vais plus loin, philosopher à leur niveau. Ce que j'ai vérifié plusieurs fois en leur proposant très tôt des extraits de Platon - sur la poésie, sur la mort de Socrate, sur l'éducation ... - ou de Thucydide - sur Périclès rendant hommage à la démocratie ... -, par exemple.
                          De cela, avant tout, il faut parler avec les parents, plus réticents en fait que leurs enfants. Souvent, il fallut aider une fille, un garçon à choisir ces options malgré l'opposition (Toujours : A quoi ça sert ? Ce sera du travail en plus. C'est trop difficile et fatigant.) de papa ou de maman ! C'est ce que nous fîmes tous les ans, en juin, avant les choix définitifs. Ces réunions connurent un succès inégal, je l'avoue, mais elles servirent toujours ; et, de toute façon, il ne s'agissait pas de décider des légions, mais simplement deux groupes pour le latin 6e ou 5e, et un pour le grec 4e ou 3e (cela changea donc quand le latin 6e disparut, dans les années 80). Ce qui fut fait chaque fois ; le groupe grec, par exemple, ayant toujours eu, pendant environ trente ans, un effectif de 10 à 15, satisfaisant au vu des difficultés rencontrées.
                           Et les voyages des élèves latinistes et hellénistes sur les grands lieux de Rome et de la Grèce ? Depuis mars 1984, il y en eut dix-huit : Rome, Athènes, Paris antique, Provence gallo-romaine, Lyon. Ils connurent un immense succès, chaque voyage étant ensuite l'objet d'une exposition ; parfois d'une soirée, en présence des parents, avec projection d'un film tourné pendant le séjour, de photos, des panneaux pédagogiques réalisés avec les élèves reconstituant la préparation et l'aboutissemnt du voyage. Et, suite à des sondages faits, c'est le voyage en Grèce, pourtant le plus cher, qui était le plus demandé ! Nous fîmes tout notre possible, avec l'aide précieuse de l'administration, pour soutenir financièrement les familles, et récompenser, pour ces voyages, des élèves méritants désignés par les professeurs. Malgré tout le travail exigé, malgré la lourdeur de l'organisation, malgré la fatigue imposée par l'encadrement de ces voyages, la joie, l'enthousiasme des jeunes nous récompensaient de tout. D'autant qu'un seul voyage à Rome, dans les grands sites de son passé, valait pour un élève, en apprentissage, en compréhension de ce passé, des dizaines d'heures de cours de civilisation, à supposer qu'on pût les placer dans l'emploi du temps.
                       Bien sûr, ces voyages, leur coût pour les familles furent l'objet de débats et de critiques. Mais, au total, ils furent bien soutenus ; et il était clair qu'ils agissaient comme un attrait pour ceux qu'on invitait à choisir le grec et (ou) le latin. Rien ne remplace la réalité vue et touchée ; une image, un film, même bons, restent impalpables. Montaigne, on le sait bien, recommande le voyage "pour frotter et limer sa cervelle contre celle d'autrui" ; Saint Augustin déjà écrivait : "Le monde est un livre et ceux qui ne voyagent pas n'en lisent qu'une page". Mais, me direz-vous, il est tellement plus facile de convaincre un élève de partir en voyage (car pour l'élève, partir d'abord, s'amuser ensuite fondent son désir premier, et c'est normal) que de choisir les options latin-grec. Oui, c'est vrai ...
                           Je mentionnerai une autre fois quelques livres, ils sont très nombreux, qui disent les expériences de professeurs sur l'enseignement de ces options ; en donnant moi-même quelques avis sur ceux, moins nombreux, que j'ai lus. A bientôt.SAM 4113-copie-1  

Ci-dessus et ci-contre : photocopies de livres et documents (distribués ou affichés) utilisés pour informer sur les options grec et latin.         

SAM 0835

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