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Décrire et partager mon expérience, mes réflexions sur les joies et les souffrances de l'enseignement. Dire et rechercher toujours ce qu'est le rapport élève-professeur, ce que sont la soif de connaissance et l'acte de transmettre cette connaissance, tels que je les ai connus et souhaite les connaître encore.

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Sur quelques livres traitant des difficultés aujourd'hui à enseigner ... Suite.

SAM_5663.JPG                                                      Je connais et ai lu J.de Romilly depuis les années 70, l'ayant découverte en lisant Thucydide. J'ai toujours eu une profon-de admiration pour la citoyenne grec-que (elle obtint cette citoyenne-té) défendant avec tant de conviction et d'élégance la culture greco-latine classi-que. L'écouter, la voir fut pour moi aus-si un vif plaisir, que je fis partager sou-vent à mes élèves de latin-grec : à la Bibliothèque Médicis en mars 2007 avec Mme Desroches-Noblecourt ; et surtout dans un entretien sur France 5 de janvier 2008, où, dans une éclatante robe bleu azur, elle s'expliquait sur son choix du grec ("C'est l'émerveillement que m'ont donné ces textes"). . Je la voyais et la vois encore comme une pythie révélant la vérité et l'avenir. Je suis d'accord à peu près sur toutes ses analyses, notamment celles ayant trait au rôle essentiel du latin et du grec dans la formation de l'esprit. Sur-tout, ainsi que je l'ai dit précédemment, j'adhère pleinement à sa pédagogie du détour : il faut aller chercher, par des chemins indirects, dans l'étude des langues anciennes, de l'histoire, de la philosophie les bases fondamen-tales et intemporelles qui préparent l'esprit ensuite à toutes les formations, à toutes les carrières. Ne pas aller directement aux formations techniques d'un métier, faire ce détour indispensable qui n'est pas perte mais gain de temps, car il est un socle universel ouvert sur tout. Sur ce sujet, et sur celui des exigences du savoir, de l'effort, de la sélection juste, elle est en fait d'accord, dans L'enseignement en détresse, avec Alain Finkielkraut.

                                         Toutefois, son livre de 1984 me paraît trop marqué par sa prévention contre le gouvernement socialiste qui venait de s'instal-ler ; d'accord avec sa dénonciation de l'excès de politisation et d'égalitaris-me idéologique, mais elle parle peu ou pas d'égalité des chances et son ex-périence du terrain semble limitée (elle ne parle jamais des collèges, où elle n'a pas enseigné, qui sont pourtant au coeur des problèmes de l'école) aux lycées et surtout au cycle supérieur. Elle célèbre justement l'Agrégation, mais oublie qu'il y a quantité de professeurs de Lettres Classiques qui ne sont pas agrégés (pour diverses raisons, de situation sociale, de santé ou de malchance tout simplement ...) et n'en sont pas moins de bons ensei-gnants. Je la rencontrai à la Foire du Livre de Brive de 1989, où elle me dé-dicaça La grèce antique à la découverte de la liberté ; et elle me crut à peine quand je lui dis que j'enseignais le grec en collège.                                                     

                                   Malgré ses préventions, que je qualifierais d'un peu trop élitistes chez cette Parisienne des beaux quartiers (et, ce disant, je n'oublie pas, vraiment, ce qu'elle  souffrit de l'antisémitisme pétainiste), mais préventions formulées par elle sans agressivité ni prétention indue, je reste ébloui par sa superbe foi dans la transmission du Beau, de l'héritage gréco-latin ; et par son amour du métier de professeur : "J'ai été un profes-seur heureux et je connais encore quantité de professeurs heureux", écrit-elle. Sa langue, toujours simple et belle, sans verbiage, propose quelques remèdes forts au désastre de l'école qu'elle craint : " Les enfants (...) Par respect pour leur avenir, il faudrait rétablir la discipline. Par respect pour leur avenir, il faudrait leur apporter ce qu'ils ne peuvent ni inventer ni dési-rer apprendre, mais sans quoi ils ne pourront rien  : les dates, la grammai-re, les mots abstraits, les idées, les oeuvres du passé. Il faut même les obli-ger à apprendre par coeur : heureux enfants, ils peuvent encore le faire !". Bravo ! Madame de Romilly. Votre âme de philosophe a rejoint le monde des Idées platonicien ; elle est à la fois là-haut et parmi nous, étin-celante, à tout jamais. 

                                                                
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